L'apprentissage rangé dans la formation initiale
L'arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d'État d'infirmier, publié au Journal officiel du 25 février 2026, clarifie dès l'article 4 les voies d'accès à la formation. Pour préparer le diplôme, il faut être titulaire du baccalauréat (ou bénéficier d'une équivalence ou dispense) et avoir au moins 17 ans au 31 décembre de l'année d'entrée. La formation peut être suivie par la voie de la formation initiale — dont l'apprentissage — ou par la formation professionnelle continue.
Cette formulation officielle confirme que le contrat d'apprentissage n'est pas un « parcours à part » du point de vue réglementaire : l'apprenti prépare le même diplôme, les mêmes domaines de compétences et les mêmes exigences d'évaluation que l'étudiant en voie scolaire classique, sous réserve des adaptations liées au statut de salarié.
Capacité d'accueil, Parcoursup et places « hors quota »
L'article 5 précise que la capacité d'accueil est fixée par le conseil régional. Au moins 25 % des places doivent être réservées aux candidats de formation professionnelle continue. La partie « formation initiale » de cette capacité est communiquée à Parcoursup selon le calendrier de la formation.
Point important pour les apprentis : les apprentis et les redoublants ne sont pas comptabilisés dans la capacité d'accueil mentionnée pour la formation initiale. En pratique, cela peut permettre d'ouvrir des places en apprentissage en complément du contingent Parcoursup, selon les décisions régionales et la convention de groupement université–IFSI–région (article 3). Les candidats doivent néanmoins respecter les conditions d'âge et de diplôme, et passer par les procédures d'admission définies par la commission d'admission du groupement.
Même référentiel, organisation du temps différente
Le cursus de 4 620 heures, les 66 semaines de stage, les cinq domaines de compétences et les 180 crédits ECTS s'appliquent à l'apprenti comme à l'étudiant non salarié. L'alternance se traduit par une répartition du temps entre l'employeur et l'IFSI, encadrée par le contrat d'apprentissage et le code du travail, tout en respectant les exigences de présentiel pour les travaux dirigés, travaux pratiques et une partie des enseignements cliniques.
L'article 30 traite spécifiquement des étudiants dont la formation est financée par leur employeur : hors apprentis, une partie limitée des stages peut se dérouler chez cet employeur, sous conditions (pas dans un service où l'étudiant a déjà exercé une activité professionnelle, respect de l'annexe III). Les apprentis relèvent du régime de l'apprentissage pour l'articulation terrain–école ; le référentiel d'annexe III décrit le rôle du maître de stage et du maître d'apprentissage.
Maître d'apprentissage et maître de stage
Le référentiel annexé à l'arrêté fusionne explicitement les fonctions de maître de stage et de maître d'apprentissage pour le stage en soins infirmiers : cette personne assure l'accueil, l'organisation du stage, la liaison avec l'IFSI, la médiation en cas de difficulté et la qualité de l'encadrement. Le tuteur de stage, infirmier diplômé d'État, suit au quotidien la progression de l'étudiant ou de l'apprenti sur le terrain.
Pour un candidat en alternance, la qualité du binôme employeur–IFSI est aussi déterminante que les notes : un maître d'apprentissage formé et disponible sécurise l'acquisition des compétences cliniques.
Rémunération, indemnités de stage et cumuls
L'apprenti perçoit un salaire selon les règles de l'apprentissage. L'article 33 fixe par ailleurs des indemnités de stage pour les étudiants en période de formation clinique ; les étudiants qui bénéficient d'une rémunération de leur employeur ne sont pas éligibles à ces indemnités, conformément à l'article L. 4381-1 du code de la santé publique. En pratique, l'apprenti en contrat est en général rémunéré par l'employeur pendant les périodes en structure, ce qui évite le cumul avec l'indemnité de stage étudiante.
Les frais de transport vers les lieux de stage peuvent être pris en charge pour les étudiants éligibles ; les apprentis doivent vérifier les dispositions applicables dans leur contrat et auprès de l'OPCO. Les périodes en simulation ouvrent droit aux indemnités et au remboursement des transports lorsque le statut étudiant s'applique.
Admission et calendrier
Les candidats de formation initiale passent par la procédure nationale de préinscription (article L. 612-3 du code de l'éducation) et, pour la voie scolaire classique, Parcoursup. L'apprentissage suppose en amont la recherche d'un employeur prêt à signer un contrat, souvent en parallèle des démarches auprès de l'IFSI. La commission d'admission examine les candidatures selon des critères publiés et rend un rapport sur les critères utilisés l'année précédente (article 9).
Les dispositions de l'arrêté s'appliquent aux étudiants entrant en formation à compter de septembre 2026. Les IFSI doivent mettre à jour leurs plaquettes, conventions et partenariats employeurs en conséquence.
Pourquoi choisir l'apprentissage en IFSI ?
L'alternance permet de gagner une expérience salariée en structure de soins, de construire un réseau professionnel et parfois de sécuriser un premier employeur après le diplôme. Elle exige une forte autonomie pour concilier service, cours, révisions et vie personnelle. L'article 37 prévoit des aménagements pour les étudiants salariés justifiant d'une activité professionnelle d'au moins 10 heures par semaine en moyenne — une piste à explorer selon les situations, distincte du contrat d'apprentissage strict.
En résumé, l'article 4 et les dispositions connexes de l'arrêté de février 2026 inscrivent l'apprentissage au cœur de la formation initiale infirmière, avec les mêmes exigences de diplôme et des règles spécifiques sur les quotas, l'encadrement sur le terrain et la rémunération. Les candidats intéressés par un IFSI des Hauts-de-France doivent se rapprocher tôt des services de formation et des employeurs potentiels pour monter un dossier cohérent avant la rentrée.


