Un texte fondateur pour la rentrée de septembre 2026
L'arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d'État d'infirmier, publié au Journal officiel le 25 février 2026, redéfinit l'ensemble du cursus préparatoire à l'exercice infirmier. Il s'inscrit dans la continuité de la loi du 27 juin 2025 sur la profession d'infirmier et vise à aligner la formation française sur les exigences européennes tout en inscrivant le diplôme dans le schème licence-master-doctorat (LMD). Les étudiants qui entrent en formation à compter de septembre 2026 sont directement concernés ; ceux déjà engagés avant cette date restent, en principe, sous l'ancien régime, sous réserve des dispositions transitoires prévues par le texte.
Pour les IFSI, l'arrêté n'est pas qu'un changement administratif : il modifie les volumes horaires, l'architecture des compétences, les modalités d'admission, l'organisation des stages et les règles d'évaluation. Les groupements régionaux — qui associent université à composante santé, instituts de formation et région — deviennent le pivot de la gouvernance pédagogique.
Cinq domaines de compétences et grade de licence
Le diplôme d'État atteste des connaissances et compétences requises pour exercer selon les référentiels d'activités, de compétences et d'évaluation figurant en annexes, et selon les articles R. 4311-1 à R. 4311-7 du code de la santé publique. Il s'acquiert par la validation de cinq domaines de compétences définis dans le référentiel de formation (annexe III) : sciences infirmières et raisonnement clinique ; pratiques cliniques, qualité et gestion des risques ; prévention et promotion de la santé ; communication, travail en équipe et leadership ; démarche scientifique, initiation à la recherche et méthodologie.
Le diplôme est délivré par les universités accréditées, enregistré au niveau 6 du cadre national des certifications professionnelles et confère le grade de licence. Cette articulation renforce le lien entre formation infirmière et enseignement supérieur, avec des conséquences sur les droits d'inscription, les dispenses et les passerelles.
4 620 heures, 180 crédits ECTS et six semestres
La formation est organisée en six semestres et validée par 180 crédits ECTS. Le parcours comprend un volume horaire de 4 620 heures, réparties en 2 310 heures d'enseignement clinique, 1 890 heures d'enseignement et d'encadrement pédagogique, et 420 heures de travail d'appropriation des connaissances en autonomie. La charge de travail totale de l'étudiant, incluant le travail personnel complémentaire, est estimée entre 4 620 et 5 400 heures (jusqu'à 780 heures de travail personnel complémentaire).
Le référentiel distingue un cadre national (142 crédits, dont 56 semaines de stage) et un cadre de consolidation (38 crédits, dont 10 semaines de stage) permettant de personnaliser le parcours selon le projet professionnel et les ressources territoriales. La formation en milieu professionnel totalise 66 semaines de stage, avec une diversité de lieux : hospitalier, extrahospitalier, ville, médico-social, etc.
Simulation, présentiel et encadrement
L'article 27 précise que les outils de simulation en santé sont utilisés lors des enseignements théoriques et pratiques pour favoriser les apprentissages. Les enseignements à distance sont possibles, sauf pour les travaux dirigés et pratiques nécessaires à l'acquisition progressive des gestes et comportements professionnels. Au moins la moitié des enseignements doit être assurée par des cadres de santé formateurs permanents ou, à défaut, des formateurs permanents et des professionnels de santé.
En stage, la simulation peut représenter jusqu'à 10 % du volume d'enseignement clinique (soit l'équivalent de six semaines sur le total). Les étudiants effectuent en moyenne 35 heures de présence hebdomadaire en stage, dont 5 heures dédiées à l'appropriation réflexive sur le lieu de stage.
Accès à la formation et Parcoursup
L'accès exige le baccalauréat (ou équivalence/dispense) et un âge minimal de 17 ans au 31 décembre de l'année d'entrée. La formation peut être suivie en formation initiale — dont l'apprentissage — ou en formation professionnelle continue. La capacité d'accueil est fixée par le conseil régional ; au moins 25 % des places doivent être ouverts aux candidats de formation professionnelle continue. La part formation initiale est communiquée à Parcoursup ; la commission d'admission du groupement examine les vœux selon les critères du code de l'éducation.
Évaluations, jury et fin de cursus
Le titre 6 de l'arrêté détaille les épreuves donnant lieu à certification et le fonctionnement du jury du diplôme d'État. Chaque compétence s'obtient de façon cumulée par la validation des unités d'enseignement et par l'évaluation en stage. Des dispositions couvrent les aménagements pour étudiants salariés, en situation de handicap, de maternité ou chargés de famille, ainsi que les règles de présence et d'absence en stage.
Des indemnités de stage et une prise en charge des frais de transport sont prévues selon des montants et modalités fixés par le texte (avec exclusion pour les étudiants déjà rémunérés par un employeur dans certains cas). Les périodes en simulation ouvrent droit aux mêmes dispositifs que les stages classiques.
Préparer la rentrée 2026 dans un IFSI
Les candidats et les équipes pédagogiques ont tout intérêt à consulter l'arrêté intégral et ses annexes sur Légifrance : elles décrivent les activités et compétences infirmières, les attendus à l'entrée en formation et le détail des unités d'enseignement. La refonte est l'occasion de renforcer le lien université–IFSI–terrain de stage et d'ancrer la simulation dans un parcours de 4 620 heures explicites.
Qu'il s'agisse de Parcoursup, d'un contrat d'apprentissage ou d'une admission en formation continue, la rentrée de septembre 2026 marque une étape structurante pour la profession infirmière en France.
Les annexes décrivent aussi les attendus à l'entrée (annexe IV), les parcours adaptés pour certains titulaires de diplômes de santé (articles 22 et 23) et le service sanitaire obligatoire. Les directeurs d'IFSI et les présidents d'université disposent d'un calendrier de mise en conformité des conventions de groupement avant la première promotion concernée.


